Le film River Returns se déroule au cours de l’été 1958, dans un village du Japon menacé par les typhons, situé entre monts et forêt. Le jeune Yucha, enfant au visage lunaire, assiste à une séance de kamishibaï. Le récit de la légende d’Oyo, une femme au destin tragique, le fascine. L’amour de cette villageoise avec un tourneur sur bois, travailleur itinérant appartenant à une petite communauté de montagnards, va se terminer de façon tragique. Oyo finira morte noyée.
Juste après sa mort, de violentes crues surviendront dans la région. Depuis ce jour, une croyance locale, selon la grand-mère de Yucha, considère qu’apercevoir un bol en bois est un funeste présage. Pour apaiser les esprits en colère, l’enfant devra perpétuer un rite sur les lieux du drame.
Dans River Returns, drame fantastique réalisé et écrit par Masakazu Kaneko, le récit du kamishibaï et la quête de l’enfant forment un diptyque, un jeu de miroir, dans lequel les éléments de l’eau et du bois ont une place prépondérante. L’eau est le réceptacle du souvenir, les crues symbolisent la passion amoureuse, le bois et la forêt représentent la permanence.
La symbolique des éléments de la nature sert à amplifier la légende. La poésie du film, les images dignes de peintures ou d’estampes, témoignent de l’amour de la nature et accompagnent les actions des personnages.
Dans cette représentation de la légende, la place prépondérante de la nature l’emporte sur les aspects surnaturels et fantastiques. A travers les réminiscences des personnages, une force invisible se dégage de ce film.
Sorti en 2024
Durée : 109 minutes
Crédit photo © EST Studios, N8 Studios
