L'Homme qui rétrécit (2025)

L’homme qui rétrécit, un film de science-fiction sur la déchéance microcosmique

Le film franco-belge de science-fiction, L’homme qui rétrécit, fait partie de la catégorie des productions sous-estimées, sous-distribuées et pourtant jalousées. Certains lilliputiens de la critique toute-puissante sont-ils de taille à se confronter à ce film? Rappelons à ces esprits chagrins certains des nombreux certificats d’authenticité du projet, validés par OBOKA : Richard Christian Matheson, fils de Richard Matheson, est producteur délégué. Jean Dujardin est à l’origine de cette adaptation du livre The Shrinking Man.

L’auteur de cet article a pu voir cette oeuvre d’un réalisme à couper le souffle, écouter son illustration sonore signée Alexandre Desplat, apprécier son scénario signé Christophe Deslandes, Jan Kounen et Richard Matheson, voir de très bons acteurs plongés dans une ambiance sombre et désespérée, et parfois aussi, un peu tragicomique et absurde.

Jean Dujardin interpréte Paul, constructeur naval marié à Elise (Marie-Josée Croze) et père d’une petite fille Mia (Daphné Richard). Ils sont heureux et vivent dans une maison proche de la mer. Un jour, Paul constate que ses chemises sont un peu longues. C’est le premier signe du rétrécissement de son corps. Le premier d’une longue série!

Dès le début du film, les plongées et contre-plongées, l’immensité du ciel et de la mer, et les apparitions sournoises de bêtes inoffensives qui deviendront géantes, les angoisses de la fille (un peu médium?) au sujet d’une araignée, sont autant d’effets et de signes qui annoncent un rétrécissement majeur.

Le réalisateur Jan Kounen a préparé méticuleusement le terrain. En comparaison, le diagnostic de la docteure est d’une banalité effrayante: elle révèle à Paul, avec un sourire radieux, qu’il est en parfaite santé mais souffre d’une “diminution homogène progressive proportionnelle”, selon la terminologie médicale. La diminution progressive d’un phénomène négatif est toujours la bienvenue, mais quand il s’agit de l’inverse…

Au fil des jours, le rétrécissement se poursuit implacablement, et cela n’a rien à voir avec Kafka. Les sauts dans le temps rendent la situation encore plus dramatique. Pendant plusieurs jours, le personnage, dont on entend la voix, est hors-champ. Le réalisateur n’ose pas nous montrer sa déchéance ou bien souhaite préserver le mystère pour amplifier le choc à venir.

Son épouse n’ose plus regarder Paul en face, même lorsqu’elle lui adresse la parole. Elle souffre dans sa chair et son esprit. Jusqu’au moment où Paul réapparaît, plus petit qu’une main. Finalement, il a tellement rétréci que seuls les arachnides et les insectes parviennent à le voir. On croit apercevoir dans une boite de rangement de livres la page froissée du roman The Shrinking Man de Richard Matheson.

On ne peut s’empêcher de s’identifier au personnage héroïque, qui ne baisse pas les bras, malgré sa situation précaire. Il est devenu le roi survivaliste d’un microcosme. Il hurle, crie pour se faire entendre de ses proches, ou se faire respecter de l’araignée. Il s’accroche au souvenir de sa fille Mia. Il n’évoque plus sa femme Elise, qui ne croit d’ailleurs plus en ses chances de survie. C’est sans oublier son accoutrement préhistorique et ses astuces de survie.

L’homme qui rétrécit pourrait être interprété – si l’on veut – comme une métaphore sur la situation socio-économique d’aujourd’hui : il pullule d’allusions à l’époque actuelle et à ses maux…

Sorti le 22 octobre 2025.

Durée : 100 minutes

D’après le roman The Shrinking Man de Richard Matheson (1956).

Crédit Photo © Pitchipoï Productions – Picture Perfect Entertainment – La Production Dujardin – Proximus / Proximus Media House PMH – Radio-télévision belge de la Communauté française (RTBF) -TF1 Films Production – Umedia

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